Optimiser la gestion de sa flotte automobile

Deuxième poste de dépenses d’une entreprise, une bonne gestion de sa flotte automobile est primordiale. Plusieurs postes sont à prendre en compte lorsqu’on souhaite l’optimiser.

Préambule

La flotte automobile est généralement le deuxième poste de dépenses d’une entreprise après les salaires. On estime que chaque véhicule qui compose la flotte coûte en moyenne, et suivant le modèle, entre 10.000€ et 15.000€ par an à l’entreprise. Des données parlantes et qui suffisent à faire prendre conscience de l’importance d’optimiser la gestion du parc auto de l’entreprise.

Et pourtant. Le gestionnaire de flotte d’entreprise, qui est très souvent le DAF (Directeur Administratif et Financier), se voit attribuer cette mission parmi d’autres (elles aussi importantes !) et ne peut donc pas y consacrer le temps et les ressources nécessaires. C’est pourquoi, quelles que soient les contraintes humaines et financières propres à l’entreprise et au service concerné, il est aujourd’hui indispensable de disposer de connaissances pointues ainsi que d’outils modernes et performants pour optimiser la gestion quotidienne de la flotte automobile.

Attachez votre ceinture et bonne lecture !

Acquisition

Choix des véhicules

La première étape de l’optimisation d’une flotte est de constituer son parc automobile en fonction des besoins de son entreprise et des salariés amenés à utiliser les véhicules. Ces besoins dépendent principalement de l'activité de l’entreprise (commerce, industrie, établissement public,...) mais également de l’utilisation qui sera faite des véhicules (kilomètres parcourus par an, type de trajets effectués,...). 

C’est en fonction de ces différents paramètres que le gestionnaire de flotte, en collaboration avec le concessionnaire, va pouvoir s’orienter vers un ou différents types de véhicules (véhicules légers, utilitaires,...), définir le bon niveau d’équipement (technologie  embarquée, zones de rangements,...) choisir la meilleure motorisation (diesel, essence, électrique ou hybride) et la puissance moteur adéquate.

Ces choix sont capitaux car ils impacteront ensuite à long terme tous les autres aspects de gestion de la flotte : la fiscalité applicable (TVS, bonus-malus,...), les charges fixes (carburant, entretien, assurance,...), la durée de vie et le renouvellement des véhicules, et plus largement la productivité de la flotte d’entreprise. 

Contraintes environnementales et électrification

L’électrification du parc automobile français n’est plus une lointaine chimère. C’est aujourd’hui une réalité concrète. Celle-ci s’accélère d’ailleurs sous l’impulsion de l’Etat qui alourdit les contraintes environnementales tout en mettant en place des dispositifs incitatifs pour promouvoir l’achat de véhicules propres. Le principe du bâton et de la carotte, un grand classique.

Pour les entreprises, il devient donc nécessaire d’anticiper la modernisation et l'électrification de la flotte automobile. Une manière de profiter de l’effet d’aubaine tout en préparant les futures interdictions. On notera d’ailleurs que les collectivités territoriales et entreprises publiques doivent d’ores et déjà disposer d’un quota de 20% de véhicules à faibles émissions (véhicules électriques ou dont les émissions de CO2 sont inférieures ou égales à 60 grammes par kilomètre). Quota qui passera à 30% en juillet 2021.

Par ailleurs, depuis le 1er mars 2020, un nouveau barème du bonus-malus écologique est entré en vigueur avec l'homologation de la norme WLTP (Worldwide Harmonized Light vehicles Test Procedures). Désormais, l'équipement et le poids des véhicules entrent dans le calcul des émissions de CO2 ce qui fait mécaniquement grimper le malus. Une nouvelle réglementation à laquelle ne sont pas soumis les véhicules électriques. 

Les aides à l’achat de véhicules électriques ou hybrides ont quant à elles été revues à la hausse le 1er août 2020. Le bonus écologique et la prime à la conversion peuvent permettre de bénéficier respectivement de 5000€ et 2500€ pour l’achat d’un seul véhicule. Sur le plan fiscal, les voitures électriques sont exonérées de TVS (Taxe sur les voitures de société). Elles bénéficient en outre d’une déduction fiscale sur l’amortissement pouvant aller jusqu’à 40% de la valeur du véhicule et d’un abattement de 50% plafonné à 1.800€ sur l’avantage en nature accordé au salarié. 

Enfin, électrifier sa flotte automobile va permettre d’optimiser plusieurs coûts, à commencer par le carburant puisque la recharge d’un véhicule électrique coûte en moyenne 1,5 à 2€ les 100 km. Le coût d’entretien est également 30% moins élevé pour un véhicule électrique. Enfin, les véhicules électriques garantissent un meilleur confort d’utilisation aux salariés, notamment au niveau sonore.

Financement

Outre le choix des véhicules qui composeront la flotte, leur financement est également un paramètre crucial dans la future gestion et optimisation de la flotte automobile de l’entreprise. Le gestionnaire de flotte dispose de différentes solutions entre lesquelles il va pouvoir arbitrer en fonction de ses besoins et de la situation de l’entreprise. 

L’achat. C’est la voie “classique” consistant à emprunter en complément d’un apport en fonds propres pour acheter les véhicules qui composeront la flotte. Plus le volume de véhicules acheté est important et plus les prix pourront être négociés. Logique. Cette solution offre l’avantage d’être propriétaire des véhicules, d’en jouir sans contrainte et de disposer d’actifs. En contrepartie, l’entreprise pioche dans sa trésorerie et diminue sa capacité d’emprunt.

L’achat des véhicules de la flotte automobile peut également être associé à une clause de buy-back. Intégrée au contrat de vente des véhicules, celle-ci engage le vendeur à racheter les véhicules à l’entreprise acheteuse à un prix prédéfini et, soit à une date donnée soit une fois atteint un certain kilométrage. Généralement, les clauses de buy-back sont conclues sur des contrats compris entre trois et cinq ans et dont il est possible de se libérer à tout moment. L’entreprise bénéficie ainsi d’un prêt à un taux plus intéressant, réduit la durée d’amortissement des véhicules et s’assure d’avoir un parc auto en bon état.

La location. L’alternative à l’achat en matière de financement de flotte d’entreprise est la location. Celle-ci peut prendre deux formes : le leasing (ou location longue durée) ou le crédit-bail. Le leasing consiste à louer les véhicules de sa flotte d’entreprise sur une durée généralement comprise entre un et cinq ans puis à le restituer. Dans le cadre d’un crédit-bail, l’entreprise loue également ses véhicules mais peut choisir, à l’échéance du contrat de location, de lever l’option d’achat pour les acquérir.

La finalité est donc différente mais ces deux modes de financement ont néanmoins de nombreux avantages communs. Tout d‘abord, l’entreprise économise le prix d’achat des véhicules et ne compromet ni sa trésorerie ni sa capacité d’emprunt. Elle gagne également en visibilité sur son budget puisque les contrats de location prennent généralement en charge les coûts liés à l’entretien, l’assurance et la mise en circulation. Sur le plan fiscal, la TVA sur les loyers versés est récupérable. Enfin, l’entreprise jouit d’une flotte de véhicules neufs qui pourra, dans le cas d’un leasing, être régulièrement renouvelée.

Fiscalité

Jongler avec les lois et les réglementations pour optimiser la fiscalité de l’entreprise est, pour une DAF, une gymnastique quotidienne. La gestion de la flotte automobile n’échappe pas à cette réalité. Bien au contraire. 

Commençons par la TVA. Celle-ci est récupérable sur l’achat des véhicules utilitaires (et uniquement), sur les loyers des véhicules en location et sur les frais d’entretien et de réparation de l’ensemble des véhicules du parc. Concernant les dépenses de carburant et à partir de 2021, la TVA est récupérable à 80% sur l’essence et le gazole pour les véhicules de tourisme et à 80% sur l’essence (100% en 2022) et 100% sur le gazole pour les utilitaires.

La TVS, ou Taxe sur les véhicules de société, s’applique quant à elle à tous les véhicules de tourisme utilisés en France y compris ceux loués par l’entreprise ou mis à disposition de celle-ci. Sont exonérés tous les véhicules conçus techniquement pour un usage exclusivement commercial (sans place à l’arrière) ou industriel, notamment les véhicules utilitaires. Son montant est déterminé par l’addition de deux paramètres : un premier tarif en fonction du taux d’émission de CO2 ou de la puissance fiscale du véhicule, un second tarif en fonction des émissions de polluants atmosphériques liées au type de carburant utilisé par le véhicule.

Enfin, une déduction fiscale est accordée en fonction du taux d'émission de CO2 pour une entreprise qui loue ou acquiert un véhicule de tourisme. Celle-ci peut déduire de son résultat fiscal la redevance de crédit-bail, le coût de la location ou l'amortissement du véhicule en fonction de sa date de mise en circulation et de son taux d’émission de CO2 selon le barème suivant : 

  • 30 000 € si le taux d'émission de CO2 est inférieur à 20 g/km.
  • 20 300 € si le taux d'émission de CO2 est compris entre 20 et 60 g/km.
  • 18 300 € si le taux d'émission de CO2 est compris entre 60 et 140 g/km.
  • 9 900 € pour les véhicules les plus polluants (taux d'émission de CO2 supérieur à 140 g/km acquis à partir de 2006 et dont la première mise en circulation est intervenue à partir du 1er juin 2004).

Gestion de parc

Logiciel de gestion

Le logiciel de gestion sert à centraliser l’ensemble des données concernant la flotte automobile de l’entreprise. C’est l’outil indispensable pour optimiser le suivi des véhicules et simplifier la gestion de parc. Il est donc impératif que l’ensemble des autres solutions mises en place pour la gestion de la flotte soient compatibles avec ce logiciel et paramétrés en fonction. 

Le logiciel de gestion doit permettre de suivre en temps réel la flotte automobile et de programmer un certains nombres d’alertes ou notifications personnalisables. Il va permettre également, et c’est tout aussi important, de suivre l'évolution de la flotte dans le temps, notamment ses coûts, grâce à des tableaux de bord spécifiques. Enfin il sera un outil précieux pour simplifier la tâche du gestionnaire de flotte et lui permettre de gagner en performance et en efficacité.

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Inventaire

L’inventaire consiste à recenser les véhicules disponibles dans le parc puis mettre en place une politique d’attribution. Il nécessite de lister l’ensemble des véhicules en fonction de leurs caractéristiques : coûts, consommations, motorisation, taux d’émission CO2, durée de détention, kilométrage et entretien. Le recueil de ces données s’avère précieux pour attribuer les véhicules en fonction de critères objectifs.

Après l’inventaire, l’entreprise procède donc à l’attribution des véhicules aux différents salariés en fonction de leur activité professionnelle, de leurs besoins en déplacement et de la grille salariale de l’entreprise. L’ensemble des véhicules attribués aux salariés est répertorié dans la grille d’attribution de l’entreprise qui précise également les conditions d’accès pour chaque véhicule : montant de l’avantage en nature, participation, durée de mise à disposition, éventuelles options accessibles. 

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Autopartage

L’entreprise peut également opter pour la solution de l’autopartage. Dans ce cas, les véhicules ne sont pas attribués nominativement à des salariés mais sont disponibles en “libre-service” pour différents salariés préalablement identifiés. L’objectif est de mutualiser les véhicules pour plus de souplesse et d’efficacité. Les véhicules en autopartage sont en effet plus rentables car plus utilisés et permettent de réduire les frais “hors-flottes” (notamment les indemnités kilométriques). Cette solution peut engendrer jusqu’à 30% d’économies en coûts de gestion d’une flotte et jusqu’à 35% des coûts de déplacement “hors flotte”.

La mise en place d’une solution d’autopartage dans l’entreprise nécessite d’établir un certain nombre de règles afin de bien encadrer l’utilisation des véhicules. Cela peut notamment passer par la mise en place d’une Charte d’utilisation commune qui énumère les droits et devoirs des conducteurs, leurs obligations ainsi que l’ensemble des accords internes relatifs aux véhicules de la flotte. Notons qu’une telle Charte peut s’avérer pertinente pour toutes les flottes d’entreprise, même sans auto-partage.

Gestion des amendes

Depuis le 1er janvier 2017, les entreprises ont l’obligation de désigner à l’ANTAI (Agence nationale de traitement automatisé des infractions) les salariés ayant commis des infractions au volant de leurs véhicules de société sous peine d’une amende forfaitaire de 675€. Par conséquent, il désormais essentiel de mettre en place les outils nécessaires à une bonne gestion des éventuelles infractions commises au volant par les collaborateurs.

Les sociétés éditrices de logiciels de gestion de flotte, habilitées à traiter directement avec l’ANTAI, proposent des solutions clés en main. La démarche est entièrement automatisée et le gestionnaire de flotte n’a plus qu’à confirmer l’identité du collaborateur en infraction. Cette solution fonctionne naturellement pour les véhicules attribués à titre nominatif. En cas d’autopartage, le gestionnaire de flotte doit entreprendre une enquête interne pour savoir qui conduisait le véhicule.

Géolocalisation

La géolocalisation permet de suivre en temps réel les déplacements de chaque véhicule composant la flotte d’entreprise. C’est aujourd’hui un procédé très courant qui permet à la fois de contrôler l’utilisation des véhicules mais également de suivre leur consommation de carburant. La géolocalisation peut être mise en place via l’appareillage du véhicule avec un GPS ou par une application sur smartphone. Dans tous les cas, elle doit être paramétrée pour fonctionner avec le logiciel de gestion afin d’être réellement efficace.

La géolocalisation nécessite en revanche de bien prendre en compte la législation édictée par la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) et encadrant cette pratique. La CNIL définit notamment les usages permis et non-permis de la géolocalisation ainsi que son protocole de mise en place. L’information et le respect de la vie privée des salariés sont les principaux enjeux de cette réglementation.

Gestion du carburant

La bonne gestion du carburant, qui pèse jusqu’à 20% du budget total de la flotte, est un enjeu décisif pour l’optimisation de la flotte d’entreprise. Il existe deux moyens de contrôler la dépense carburant de sa flotte d’entreprise : la géolocalisation (voir ci-dessus) et la carte carburant. 

Proposée par les différentes enseignes de stations-services et réservée aux professionnels, la carte carburant est un outil simple, bon marché et très efficace. Au quotidien, cette carte permet aux salariés de s’approvisionner en carburant sans avoir à avancer les frais (ce qui évite le remboursement de factures). Pour le gestionnaire de flotte, elle permet de suivre et de contrôler la consommation en carburant en définissant si besoin : un plafond de dépense, des plages horaires d’utilisation ou encore des restrictions géographiques. 

Comme la géolocalisation, la carte carburant ne sera jamais aussi efficace que si elle est connectée à un logiciel de gestion de flotte performant. Ce couplage va permettre de faire remonter toutes les informations essentielles à l’optimisation des dépenses carburant, notamment les rapports et indicateurs de performance, et paramétrer un certain nombre d’alertes personnalisées.

Contrat de maintenance

L’entretien représente en moyenne entre 5% et 10% du budget d’une flotte automobile. Si ce n’est pas la dépense la plus importante, c’est néanmoins un paramètre essentiel dans la bonne gestion du parc. Des véhicules mal entretenus sont des véhicules qui tombent plus régulièrement en panne, consomment plus de carburant, perdent plus vite de la valeur et peuvent même mettre en danger les utilisateurs. 

Un bon contrat de maintenance va tout d’abord permettre de réaliser de substantielles économies à l’entreprise. C’est un moyen de mutualiser le coût d’entretien des véhicules du parc et de mieux maîtriser son budget puisque les prestations prévues par le contrat se transforment en charges fixes (révision, contrôle technique, gestion des pneus,...). C’est enfin une source de sérénité pour le gestionnaire qui se décharge d’une tâche chronophage et technique en externalisant auprès de professionnels.

Gestion des pneus

Tout comme l’entretien, la gestion des pneumatiques des véhicules de la flotte d’entreprise peut faire l’objet d’un contrat spécifique. C’est même plutôt une bonne idée. L’objectif est une nouvelle fois d’allier économies, sérénité et sécurité. Selon les besoins de la flotte, ce contrat peut prévoir un volume annuel de pneus et inclure un certain nombre de prestations (permutations, réparations, contrôles,...). Là encore, mutualisation doit rimer avec optimisation.  

Si les besoins de la flotte (notamment le volume de véhicules) ne nécessitent pas la mise en place d’un contrat de gestion des pneumatiques, le gestionnaire doit avoir recours à la gestion directe. Un suivi attentif doit alors être porté à cette tâche, notamment via la mise en place de tableaux de bord, car le bon entretien des pneus a un impact direct sur la consommation des véhicules et la sécurité des utilisateurs.

Gestion des sinistres

Les sinistres et incidents, qu’il s’agisse d’une panne ou d’un petit accident, doivent faire l’objet d’un processus précis pour une gestion confortable et optimisée. L’enjeu est de limiter la durée d’immobilisation du véhicule et de maîtriser les frais de restitution. Dans cette optique, il est nécessaire de s’appuyer sur un contrat d’assurance solide et prévoyant notamment la mise à disposition, si nécessaire, d’un véhicule de remplacement.

Le contrat d’assurance pèse en moyenne entre 10 et 15% du budget de la flotte et doit prendre en compte les spécificités de la flotte (nombre de véhicules, motorisation, kilomètres parcourus par an, taux de sinistre...) pour être adapté aux besoins de l’entreprise. Il doit prévoir une solution de dépannage immédiate, la prise en charge de l’éventuelle expertise du véhicule et enfin les réparations. Notons que les contrats de maintenance et d’assurance peuvent être mutualisés afin de simplifier la gestion et rationaliser les coûts. C’est généralement le cas dans la cadre d’une flotte en leasing ou d’un crédit-bail. 

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Eco-conduite

Le comportement routier des utilisateurs est un élément central dans l’optimisation de la gestion de la flotte automobile. Former ses salariés à l’éco-conduite est le moyen le plus efficace de les sensibiliser à l’importance d’une conduite responsable et respectueuse des autres et de l’environnement. On estime d’ailleurs que l’éco-conduite permet de réduire en moyenne de 15% la consommation de carburant, les coûts liés à l’entretien du ou des véhicules et le risque d’accident. C’est loin d’être négligeable.

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Former et sensibiliser ses collaborateurs à l’éco-conduite est donc un investissement profitable à court, moyen et long termes. C’est également une manière de mobiliser les collaborateurs autour de valeurs positives et bénéfiques pour leur bien-être personnel (diminution du stress, amélioration du confort,...), de renforcer la cohésion des équipes et d’améliorer la productivité. L’entreprise s’inscrit en outre dans une véritable démarche RSE en renforçant le bien-être de ses salariés tout en réduisant son impact environnemental. 

Les indicateurs à suivre

Le TCO

Le TCO (Total cost of ownership) désigne le coût total de possession de la flotte automobile. Son calcul consiste à prendre en compte l’ensemble des coûts directs et indirects (ou cachés) engendrés par la flotte automobile. Son calcul est un enjeu particulièrement important pour le gestionnaire dans l’optique d’optimiser les dépenses de l’entreprise. Ce calcul doit prendre en compte plusieurs paramètres. 

  • Le financement : Dans le cadre d’un leasing, d’un crédit-bail ou d’un achat à crédit, on prend en compte le montant des mensualités. Dans le cadre d’un achat comptant, la perte de trésorerie engendrée doit également être prise en compte dans le calcul du TCO puisqu’il s’agit d’une perte d’opportunité d’investissement pour l’entreprise.
  • L’amortissement : Le calcul de l’amortissement consiste à estimer la perte de valeur des véhicules de l’entreprise en tant qu’actifs immobilisés. Cette dépréciation liée à l’usure s’évalue généralement sur cinq ans à un taux moyen de 20% par an. Pour optimiser la gestion de sa flotte automobile, il est essentiel de mettre en place des tableaux d’amortissement pour chaque véhicule.
  • Le carburant : Carte-carburant, géolocalisation et logiciel de gestion permettent de connaître exactement la dépense carburant engendrée par chaque véhicule. Celle-ci représente en moyenne 20% du TCO.
  • L’entretien : Il pèse entre 5 et 10% du TCO. Son calcul est simplifié par la mise en place d’un contrat de maintenance à l’année qui permet également d’avoir plus de visibilité et une meilleure maîtrise de son budget.
  • L’assurance : Le contrat d’assurance compte en moyenne entre 10 et 15% du TCO. Mutualiser le contrat à l’échelle de la flotte va permettre de simplifier le calcul de cette charge et de rationaliser son coût.
  • Les charges : Les charges administratives et fiscales sont bien sûr incluses dans le calcul du TCO de la flotte. Elles comprennent les frais d’immatriculation et d’administration des véhicules ainsi que la fiscalité applicable, notamment la Taxe sur les véhicules de sociétés (TVS) et la TVA.
  • Les frais annexes : Le calcul du TCO implique de prendre en compte l’ensemble des coûts indirects et/ou cachés. S'ils ne sont pas toujours simples à évaluer, les frais annexes comprennent les coûts liés à la formation des salariés, le temps de travail consacré à la gestion de la flotte ou encore les frais d’immobilisation des véhicules.

Le PRK

Pour être totalement pertinent, le calcul du TCO de la flotte doit être associé à une autre donnée essentielle : le PRK (Prix de Revient Kilométrique). Cet indicateur consiste à calculer le coût réel d’un véhicule en fonction des kilomètres parcourus. Il reprend les mêmes informations que le TCO (prix, frais de carburant, d’entretien, d’assurance,...) mais sur une période donnée (généralement entre un et trois ans) et en fonction du nombre de kilomètres effectués par le véhicule. 

Ainsi, un véhicule sous-utilisé pourrait très bien avoir un TCO raisonnable alors que son PRK sera en revanche très élevé. Le PRK va donc permettre d’évaluer la pertinence de l’utilisation d’un véhicule pour savoir s’il roule trop ou pas assez et donc d’être en rapport direct avec la réalité de l’utilisation de la flotte. Le calcul du PRK permet également de prendre également en compte la dérive kilométrique, notion qui correspond à la hausse des coûts de gestion pour chaque kilomètre parcouru si la flotte n’est pas régulièrement renouvelée. 

Renouvellement et reprise

Frais de restitution et reprises véhicules

Le renouvellement de la flotte doit faire l’objet d’une politique réfléchie sur le long terme. Les entrées et sorties du parc sont ainsi prévues pour respecter le cycle de vie de chaque véhicule et en fonction du mode de financement choisi : fin de contrat et renouvellement dans la cadre d’un leasing, fin de contrat et éventuellement acquisition du ou des véhicules pour un crédit-bail, reprise des véhicules et achat de nouveaux lorsque l’entreprise est propriétaire de son parc. 

Dans le cadre d’un leasing, le gestionnaire devra être particulièrement attentif aux frais de restitution. Ceux-ci peuvent correspondre à plusieurs mensualités de loyers si le véhicule n’est pas rendu comme prévu dans les clauses de restitution. Une vigilance particulière doit également être apportée au timing de cette phase de restitution pour éviter que des collaborateurs se retrouvent sans véhicule durant une période donnée. Dans tous les cas, restitution doit rimer avec anticipation.

Pour les entreprises propriétaires de leur flotte, un bon renouvellement s’attache principalement à prendre en compte la durée d’amortissement des véhicules et la dérive kilométrique du parc. Cette dérive correspond notamment au seuil technico-économique des véhicules. Ce seuil est considéré comme atteint quand les coûts liés à l’usure (entretien, panne, consommation,...) augmentent de manière à rendre le coût de détention plus élevé que l’investissement dans de nouveaux véhicules.

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Leaseback

A ne pas confondre avec le buy-back (que nous expliquons dans la partie “Financement” du guide), le lease-back (autrement appelé cession-bail) consiste, pour une entreprise qui est propriétaire des véhicules composant son parc, à revendre sa flotte ou une partie de sa flotte à une société de crédit-bail. Les véhicules sont ensuite instantanément loués à l’entreprise qui peut donc continuer à les utiliser. Généralement conclu pour une durée assez longue pouvant aller jusqu’à 10 ans, le contrat de location d’un lease-back est assorti d’une clause de rachat des véhicules à un prix intéressant. Clause que l’entreprise peut lever à tout moment. 

Le lease-back est une solution intéressante pour les entreprises qui ont besoin de liquidités et souhaitent combler une perte de trésorerie, rembourser des dettes ou même financer des investissements. Cette solution permet également de bénéficier d’avantages fiscaux puisque l’entreprise n’est plus propriétaire des véhicules et que, comme dans le cadre d’un leasing ou d’un crédit-bail, les loyers sont entièrement déductibles du résultat imposable. Le gestionnaire de flotte se décharge enfin d’une partie de la gestion de la flotte et notamment l’entretien des véhicules.

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Conclusion

Gestionnaire de flotte automobile ne s’improvise pas. C’est plus que jamais un métier à part entière qui nécessite des compétences à la fois très spécifiques (fiscales, techniques,...) et transversales (comptabilité-gestion, commerciales, informatiques, RH, RSE,...). Si, comme nous l’avons vu, il existe de nombreux outils et solutions pour optimiser la gestion de la flotte d’entreprise, celle-ci nécessite un véritable engagement de la part du gestionnaire.

Mais le jeu en vaut la chandelle. Grâce à une gestion efficace et optimisée, le coût de la flotte d’entreprise peut être minoré de près de 10%. Mieux encore, une politique réfléchie et volontariste fera de la flotte automobile n’ont plus une charge pour l’entreprise, mais un avantage concurrentiel et un atout sur lequel asseoir son développement. C’est en tout cas la vision que nous défendons et avec laquelle nous accompagnons nos clients.

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